A qui profite le crime ?
On ne change pas un Conseil d’administration qui gagne… L’adage pourrait donc s’appliquer à la Ligue nationale qui, au tournant des années 90 et sur les recommandations du rapport Sastre, a bâti son gouvernement en y incluant petit à petit les différentes familles.
Car qui, à part certains présidents – pas tous ! - , pourrait prétendre que le football professionnel français, qui se soucie en priorité de l’intérêt général, est aujourd’hui mal gouverné ?
Qui pourrait affirmer, à part certains présidents – les mêmes ! -, que le dialogue social qui prévaut chez nous, et qui a aujourd’hui gagné l’Europe et demain peut-être le monde en s’inspirant du modèle français, est porteur de tous les maux de notre football professionnel ?
Dans cette lettre, que nous avons voulu entièrement consacrée à la gouvernance de la Ligue et au combat que l’UNFP mène avec les autres familles pour que perdurent, au-delà de la plus élémentaire des démocraties, la solidarité, l’équité, le sens des responsabilités, le respect de chacun et le dialogue, nous allons essayé de comprendre pourquoi et comment les présidents – pas tous ! – veulent changer les règles de jeu démocratique, fouler au pied les commissions (juridique, discipline, sociale, appel), avant de s’attaquer – c’est possible - aux statuts des uns et des autres ou à la DNCG…
Car pourquoi les présidents voudraient-ils le pouvoir, si ce n’était pour remettre en cause un système qui, sans être parfait évidemment, fonctionne plutôt très bien ? Un système à l’intérieur duquel chacun, y compris les présidents, est écouté et entendu. Un système à l’intérieur duquel le jeu démocratique fonctionne et permet à chacun, y compris les présidents, de défendre ses idées, de faire adopter ses propositions. Les exemples ne manquent pas.
Le Conseil d’administration de la LFP, tel qu’il est aujourd’hui composé, est garant de la pérennité du football professionnel. Il est impartial et indépendant, quand on voudrait qu’il devienne juge et partie.
Les présidents, une fois encore, se trompent de combat. Frédéric Thiriez, aussi. Il se dit aujourd’hui prisonnier d’une promesse électorale faite aux présidents. Il nous a fait, dans le bureau du président de la FFF et en présence de Jean-Pierre Escalettes, la promesse de ne pas toucher à la composition du Conseil d’Administration de la Ligue, alors qu’il venait réclamer notre soutien pour sa réélection.
Le président de la LFP n’a pas pu oublier cette promesse. Nous ne l’avons pas oubliée. Si le vent ne l’emporte pas, la grève le fera.
Philippe Piat - Coprésident de l’UNFP
Octobre 2008
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